INCENDO
Sur le rapport entre genres & classes. Revue de presse & textes inédits
Grève des ouvrières du textile au Cambodge

Depuis le début de l’année, le secteur de la confection au Cambodge semble très agité. … mais il l’est souvent (voir par exemple)

Vous trouverez ci-dessous la (tentative de) traduction de cinq articles récents de la presse cambodgienne qui donnent une idée de l’atmosphène  et surtout des pistes et liens pour suivre ce qui ce passe dans ce pays…

Un préambule :

« Actuellement, le salaire minimum d’un travailleur est de 61 $ par mois. L’opinion internationale s’est émue de la faible rémunération du travail par des firmes internationales à haut bénéfices. Les évanouissements en série des travailleurs largement dues à des phénomènes conjoints de malnutrition et conditions de travail et les nombreuses grèves qui ont été induites, créent des conditions objectives à une évolution dans ce secteur.

L’industrie du vêtement au Cambodge est la plus grande source de devises étrangères. Le secteur compte plus de 300 usines, employant quelque 335 400 travailleurs, – 90%  d’entre eux sont des femmes.Le pays a exporté des produits textiles et de vêtements en équivalent de 4,6 milliards de dollars américains l’année dernière, en hausse de 8 % sur un an, selon un rapport du ministère du commerce la semaine dernière.

Les Etats-Unis et les pays européens sont les principaux acheteurs, le Canada, le Japon, la Corée du Sud et la Chine sont également des clients importants. » (source : http://lejournalducambodge.blogspot.fr)

 

les ouvrières grévistes devant l'usine Gladpeer à Phnom Penh, Cambodge, janvier 2013

Les ouvrières grévistes devant l’usine Gladpeer à Phnom Penh, Cambodge, janvier 2013

 

Le gouvernement demande aux syndicats de s’accorder sur la revendication du salaire minimal

Le gouvernement a demandé lundi aux fabricants d’envisager une augmentation du salaire minimum pour les travailleurs du textile, mais seulement après que les syndicats, divisés, se soient entendus sur ce que devrait être ce salaire.

À l’heure actuelle, les dirigeants syndicaux exigent que le salaire minimum actuel de 61 $ par mois soit porté à 93 $, voire à 150 $, soit, respectivement, une augmentation de 52 et 145 %.

« Après des négociations, les participants à la réunion se sont mis d’accord pour discuter de l’augmentation du salaire minimum pour les travailleurs», a déclaré le ministère du Travail dans un communiqué après une réunion entre les fabricants et les syndicats sur la question.
« La réunion a nécessité que tous les syndicats se rencontrent et s’entendent sur une revendication conjointe sur le salaire minimum, puis qu’ils discutent avec les employeurs afin de trouver une solution » dit le communiqué, ajoutant que les dirigeants syndicaux doivent présenter leur demande au gouvernement avant la prochaine réunion au ministère le 26 février.

La réunion d’hier fait suite au discours du Premier ministre Hun Sen le 12 décembre dans lequel il appelait les fabricants à augmenter les salaires dans les usines de confection du Cambodge afin de conserver les travailleurs dans le pays.

La dernière augmentation du salaire minimum remonte à juillet 2010, il avait été porté de 50 à 61 $.

Ken Loo, secrétaire général de l’Association des fabricants de vêtements du Cambodge, a déclaré avant la réunion de lundi que les exigences de la plupart des syndicats étaient « irréalistes ». « Il ne faut pas s’attendre à 50, 60 ou 70 % [d’augmentation du salaire minimum]. Le Gouvernement royal a annoncé une augmentation de salaire de 20 % [pour les fonctionnaires], donc je suppose que ce serait un bon point de départ », a-t-il dit.

Jill Tucker, conseiller technique principal pour le programme Better Factories Cambodia de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), a déclaré que l’OIT pourrait faire office de médiateur entre les différents syndicats qui représentent environ 300 000 travailleurs.

Sam Aun, président du syndicat CLUF (Cambodia Labor Union Federation) proche du CPP (Cambodian People’s Party) [ancien parti communiste aujourd’hui au pouvoir], a déclaré que 93 $ serait un chiffre équitable, pendant que Ath Thorn, président du CCAWDU (Coalition of Cambodia Apparel Workers’ Democratic Union), a déclaré qu’il se tiendrait à une augmentation du salaire minimum à 150 $.

« Je pense que les travailleurs peuvent vivre avec un salaire minimum de 93 $ parce que ils obtiennent également des bonus, primes et allocations de transport et y ajoutent les heures supplémentaires » a déclaré M. Aun. Mais M. Thorn a averti que si la hausse des salaires était trop faible, les travailleurs devraient continuer à protester.

SOURCE : www.cambodiadaily.com 23 janvier

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Les ouvrières en appellent au gouvernement coréen

Plus de 300 ouvrières en grève de l’usine textile International Fashion Royal Co. Ltd. de Phnom Penh ont sollicité hier après-midi l’aide de l’ambassade de Corée du Sud  hier après que la police ait bloqué leur marche vers la mairie du quartier de Por Sen Chey, a déclaré un responsable syndical.

ouvrière de l'usine International Fashion Royal Co. Ltd. avant une manif

Ouvrières de l’usine International Fashion Royal Co. Ltd. avant le départ en manif

 

Dix jours de grève pour une augmentation du salaire minimum de 61 à 93 $, des primes d’heures supplémentaires et d’autres demandes n’ayant entraîné aucune réponse de l’usine, les travailleurs ont décidé hier de marcher vers l’ambassade de Corée car le gestionnaire de l’usine est coréen, a déclaré Sreang Narith, vice-président de la CWEUF (Cambodian Workers of Economic Union Federation).

« L’ambassade de Corée a reçu notre plainte, et promis d’appeler le propriétaire de l’usine pour rencontrer les travailleurs et les syndicats et trouver une solution », a déclaré Narith.

L’échange a eu lieu alors que le ministère des Affaires sociales a conduit la première d’une série de réunions avec les représentants syndicaux et patronaux afin de discuter d’une augmentation du salaire minimum.

Le ministère a demandé aux travailleurs de cesser leurs protestations jusqu’à ce que ces réunions apportent une solution, mais des milliers de travailleurs de plusieurs usines ont continué de protester la semaine dernière.

Narith a déclaré que, hier matin, les travailleurs de International Fashion Royal Co. Ltd. ont essayé de présenter leurs revendications à la mairie du quartier de Por Sen Chey, mais que la police a bloqué leur marche.

Il n’y a pas eu de violence, et la police ne les a pas empêché de poursuivre leur marche vers l’ambassade de Corée du Sud, a-t-il ajouté.

Selon un responsable de la police, qui veut rester anonyme, la police a bloqué les manifestants pour maintenir l’ordre public, parce qu’ils n’avaient pas informé à l’avance la mairie de leur marche .

Narith a déclaré que, en attendant l’aide de l’ambassade de Corée du Sud, les ouvriers vont organiser d’autres manifestations et marches, mais qu’ils ne reprendront pas le travail tant que l’usine n’offrira pas de solution.

Loa, ouvrière de 26 ans, a déclaré que dans les conditions actuelles, les travailleurs ont été invités à faire des heures supplémentaires sans rémunération supplémentaire. « Nous avons besoin d’un meilleur salaire, parce que nous le dépensons presque entièrement pour le loyer et les produits de base », a-t-elle dit.

Les représentants de l’usine et de  l’ambassade n’ont pas pu être joints pour commenter ces faits.

SOURCE : www.phnompenhpost.com , 22 janvier 2013

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Les grèves dans les usines cambodgiennes pourraient toucher les commandes

Les représentants de l’Association des fabricants de vêtements au Cambodge (GMAC) craignent que les récentes grèves retardent les livraisons aux clients ; les usines sont à la recherche de solutions pour répondre aux demandes des acheteurs.

Manifestation d’ouvrières de l’usine Gladpeer de Phnom Penh, janvier 2013

Manifestation d’ouvrières de l’usine Gladpeer de Phnom Penh, janvier 2013

Selon les dirigeants syndicaux, environ 10 000 travailleurs de sept ou huit usines textiles se sont récemment mis en grève, exigeant des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail.
Le président du GMAC, Van Sou Ieng, dit que les grèves dans ces usines n’étaient pas un bon signe pour le secteur industriel du royaume. « S’ils continuent, nous aurons des pertes cette année », dit Ieng, ajoutant que cela aurait une incidence sur le salaire des travailleurs.
Cheat Khemara, haut responsable du GMAC, dit que les grèves pourraient conduire des usines à ne pas être en mesure de livrer à temps, ce qui pourrait les pénaliser en vertu de contrats qui fixent les dates de production et d’expédition des marchandises.
« Les marchandises ne seront pas produits à temps, et nous ne savons pas si les acheteurs comprendront cela » ajoute Khemara. « Si les acheteurs n’acceptent pas le délai, les propriétaires d’usines devront faire face à de lourdes pertes, car ils sont responsables si les marchandises ne sont pas envoyées à temps ».
Ath Thon, président du syndicat CCAWDU (Coalition of Cambodian Apparel Workers Democratic Unions) confirme que les grèves ont affecté le secteur textile. Mais il a dit qu’elles étaient le dernier recours des travailleurs pour forcer leurs employeurs à respecter le droit du travail et augmenter le salaire minimum. Thon déclare que les travailleurs d’au moins sept usines de confection sont entrés en grève pendant les 20 premiers jours de cette année, réclamant des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Par rapport à l’année dernière à la même période, le nombre de grèves a augmenté, a-t-il dit. «Nous connaissons les conséquences, mais ce n’est pas la faute des travailleurs. » Si les grèves sont longues ou courtes, cela dépend de la volonté des employeurs de résoudre les problèmes, ajoute Thon. « 99 % de ces grèves sont provoquées par des employeurs qui ne respectent pas le droit du travail et les autres règlements. »
La semaine dernière, Moeun Tola, chef de l’Unité de Programme de Travail du Centre d’éducation juridique communautaire au Cambodge, a écrit sur Facebook que les ouvrières de l’usine de vêtements Gladpeer approvisionnant H & M resteraient en grève. Les employés voulaient organiser une cérémonie religieuse et faire appel aux esprits pour changer l’opinion de la direction et résoudre les problèmes, écrit-il. Tola a également écrit mercredi que des milliers de travailleurs d’International Fashion (Royal) manifestaient dans le quartier Dangkor de Phnom Penh. Selon lui, les travailleurs de l’usine de confection Bluesam, dans la province de Takeo, poursuivaient leur grève.

SOURCE : www.phnompenhpost.com 21 janvier

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Les travailleurs menacent de blocages de routes

Plus de 2 000 travailleurs ont poursuivi hier leur grève devant l’usine de confection Gladpeer de Phnom Penh et menacé de bloquer la route nationale 4, aujourd’hui ou demain, si leurs demandes ne sont pas satisfaites.

 

Manifestation d'ouvrières du textile dans Phnom Penh le 15 janvier 2013

Manifestation d’ouvrières du textile dans Phnom Penh, le 15 janvier 2013

 

Après une rencontre infructueuse avec les responsables de l’usine lundi après-midi, les manifestants se sont réunis hier à 6 h du matin et ont dansé sur de la musique diffusée par des haut-parleurs tandis que l’usine enregistrait leur protestation sur une vidéo, a déclaré Ngeat Sokum,  représentant du syndicat CCAWDU (Coalition of Cambodian Apparel Workers’ Democratic Union).

« Nous avons l’intention de bloquer la route nationale 4 demain ou jeudi, si nous n’obtenons pas de résultat pour nos demandes », a déclaré hier Sokum.
Les manifestants veulent que l’usine – un fournisseur de H & M – augmente le salaire minimum de 61 à 93 $, réintègre deux membres du syndicat licenciés et commence à utiliser contrats de longue durée.
[…]

Plus de 700 travailleurs de l’usine de vêtements Winson International dans la province de Kampong Speu ont également manifesté hier pour une augmentation du salaire minimum à 70 $ par mois, dit Thol Thorn responsable du syndicat Free Trade Union.

Kang Vannet, directeur administratif, a déclaré que l’usine répondra aux demandes des travailleurs sur le salaire minimum lundi prochain lors de la réunion organisée par le Ministère des affaires sociales, ajoutant qu’il se préparait à demander au tribunal d’ordonner aux manifestants de reprendre le travail.

En outre, les travailleurs de l’usine International Fashion Royal du quartier Dankgor de la capitale et l’usine Blossom Century dans la province de Takeo ont manifesté hier pour une augmentation du salaire minimum à 93 $, déclare Ly Chanpheakdey, président du Syndicat CCWFU (Cambodian Conscious Workers’ Federation Union).

SOURCE : http://www.phnompenhpost.com 16 janvier 2013

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Des milliers de grévistes devant l’usine de confection Gladpeer

Plus de 2.000 travailleurs ont manifesté devant l’usine de confection Gladpeer de Phnom Penh, demandant l’augmentation du salaire minimum et plusieurs autres concessions.

 

les ouvrières grévistes devant l'usine Gladpeer

Les ouvrières grévistes devant l’usine Gladpeer

Selon Ngeat Sokum, représentant du syndicat CCAWDU (Coalition of Cambodia Apparel Workers’ Democratic Union), les ouvrières de cette usine du quartier industriel de Por Sen Chey ont décidé d’entrer en grève devant l’absence de réponse à leurs demandes répétées : augmentation du salaire minimum de 61 à 93 $, utilisation de contrats de longue durée, réintégration de deux syndicalistes licenciés et obtention d’autres avantages. « Nous avons envoyé une lettre deux semaines à l’avance pour les informer que nous ferions grève si l’entreprise ne répondait pas aux revendications des travailleurs», a-t-il dit. « Maintenant, nous faisons grève comme nous l’avions prévu. »Une vingtaine de policiers étaient présents lors de la manifestation, mais aucune violence ne s’est produite, ajoute Sokum.

Va Chinda, directeur administratif de l’usine Gladpeer, a déclaré hier que l’entreprise – qui fournit des marques telles que H & M, Puma ou Hollister – ne pouvait pas accepter ces demandes. « Je travaille à résoudre le problème », a-t-elle dit, mais « une résolution n’a pas encore été trouvée. »

Une réunion de deux heures dans l’après-midi entre travailleurs, syndicats, représentants de l’entreprise et responsables locaux a échoué dans la recherche d’une solution, et Sokum a déclaré que la grève se poursuivrait aujourd’hui. « Nous marcherons de l’usine jusqu’à la route nationale 4 quelquefois cette semaine [pour la bloquer]. » «Nous voulons faire appel à H & M pour examiner la situation de l’entreprise et le pousser à intervenir pour les travailleurs», a-t-il ajouté.

Anna Eriksson, attaché de presse de H & M, a déclaré au Phnompenh Post que l’entreprise de vente au détail n’est propriétaires d’aucune usine, ne paye pas les salaires et n’a donc pas le pouvoir de les augmenter, mais que la société travaille avec l’Organisation internationale du travail (programme Better Factories Cambodia) pour pousser le gouvernement sur cette question.

 

Ouvrières grévistes devant l'usine Gladpeer

Ouvrières grévistes devant l’usine Gladpeer

 

Il y a deux semaines, le ministre des Affaires sociales Ith Sam Heng a appelé les travailleurs à cesser de manifester jusqu’à ce qu’ils connaissaient le résultat des négociations sur le salaire minimum qui réunissent ce moi-ci les représentants des travailleurs, des employeurs et du gouvernement.

Le chef syndicaliste et les ouvrières grévistes devant l'usine Gladpeer

Le chef syndicaliste et les ouvrières grévistes devant l’usine Gladpeer

SOURCE : http://www.phnompenhpost.com  15 janvier 2013

 

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