INCENDO
Sur le rapport entre genres & classes. Revue de presse & textes inédits
Femmes de ménage & risques toxiques
Categories: Monde : France, Travail

Femmes de ménage CGT 1936

Femmes de ménage : un métier à hauts risques toxiques oublié par l’écologie

Incontournable, l’activité de nettoyage concerne plus de 200 000 salariés en France. La plupart sont des femmes, sous qualifiées, qui travaillent à temps partiel, souvent au péril de leur santé. En plus des troubles musculo-squelettiques, les agents de nettoyage sont en effet soumis à un important risque chimique, dû à la composition des produits utilisés, et au rythme de travail intense imposé par la concurrence. Pourtant, de sérieuses alternatives existent pour nettoyer sans pétrochimie. Mais elles sont loin d’être généralisées. A quand de véritables mesures pour protéger ces salariés ?

Elle travaille à l’aube, avant que les open space ne se remplissent, où le soir quand l’atelier s’est vidé : une femme de ménage qui pousse son chariot, d’où dépassent seaux, balais et produits ménagers, quoi de plus inoffensif. Pourtant, elle transporte sans le savoir un cocktail détonnant. « Elle va commencer par prendre un nettoyant pour vitres qui contient plusieurs éthers de glycol », détaille Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm. « Elle va ensuite se servir d’un décapant qui contient des acides forts, puis d’un produit pour dépoussiérer qui contiendra plusieurs produits chimiques. »

Utilisés comme solvants, pour dissoudre les substances grasses, les éthers de glycol permettent à la surface nettoyée de sécher rapidement sans laisser de traces. Ils peuvent entraîner une irritation de la peau, des yeux et du système respiratoire mais aussi, en cas d’expositions répétées, des problèmes neurologiques. L’ensemble de ces toxiques, Annie Thébaud-Mony ne les connaît que trop bien. Spécialiste des problèmes de santé au travail, elle est la co-auteure d’un rapport sur l’identification et la prévention des expositions aux cancérogènes dans les produits de nettoyage.

LA SUITE  sur le site www.bastamag.net

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