INCENDO
Sur le rapport entre genres & classes. Revue de presse & textes inédits
Elles ont « grèvé » (film)
Categories: Grèves, Monde : France

elles ont grévé Denis Gheerbrant

« On a grèvé »

un film de Denis Gheerbrant

Depuis quelques années, un mouvement revendicatif, pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, se développe parmi les femmes de chambre de l’hôtellerie française.

Une étape victorieuse de ce mouvement, la grève, en 2012, d’une vingtaine d’entre elles à Suresnes, dans un hôtel Campanile Première Classe, a été filmée par Denis Gheerbrant. C’est une grève qui, sur bien des points, fut exemplaire par la conjonction d’une stratégie syndicale pertinente et de la détermination des grévistes. Entre le petit syndicat d’entreprise, CGT HPE (Hôtels de Prestige et Economiques), appuyé par la CNT du Nettoyage, et ces femmes, en majorité africaines, récemment arrivées en France et souvent illettrées, le partage des rôles fut particulièrement efficace.

Durant les 28 jours du conflit, Denis Gheerbrant les regarde danser, les écoute chanter et parler.
On a grèvé nous permet ainsi de mieux les connaître, de leur donner des visages, d’appréhender des esquisses de vies… Le spectateur observe comment le groupe se constitue, comment cette action collective transforme les unes et les autres, et s’interroge, à la fin, sur ce que ce type de lutte porte en germe.

Car si ce moment d’apprentissage et d’initiation à la politique participe d’une véritable dynamique d’intégration citoyenne par l’action syndicale, le film de Denis Gheerbrant pose aussi, en creux, des questions – tant du point de vue de la relation de cette nouvelle classe ouvrière aux différents appareils que des rapports femmes-hommes ou Noirs-Blancs – qui sont au cœur d’un processus nécessaire d’échange et de partage démocratiques.

SOURCE : http://paris.demosphere.eu

BANDE-ANNONCE DU FILM: ICI

 

« On a grèvé », récit de la lutte victorieuse de femmes de chambre immigrées

Elles s’appellent Fatou, Géraldine, Aminata et ont cessé le travail pour la première fois au printemps 2012: «on a grèvé», un documentaire signé Denis Gheerbrant, raconte la lutte de ces femmes immigrées, salariées dans l’hôtellerie, qui en ont eu assez de se faire exploiter.

Le réalisateur de ce documentaire, qui sort mercredi en salle, a posé sa caméra devant l’hôtel «First Class» de Suresnes, près de Paris. Il a accompagné ces femmes installées sur un petit bout de trottoir avec banderoles et piquets de grève contre le deuxième groupe hôtelier d’Europe, le groupe Louvre Hôtels.

«On va gagner, so, so, so, solidarité». En jean ou en boubou, affublées de gilets rouges et de casquettes CGT, elles distribuent des tracts, crient des slogans au mégaphone ou chantent et dansent au son de tam-tam improvisés.

On les suit durant 28 jours. Elles vont «grèver» pour ne plus être payées «à la tâche», à la chambre mais à l’heure. Ces salariées, la plupart mères de famille et immigrées d’Afrique, racontent peu à peu leurs conditions de travail.

Elles disent qu’elles n’en peuvent plus des cadences, du mal de dos, du mépris, qu’il y a toujours des erreurs sur leur fiches de paye, qu’elles n’osaient rien dire de peur de perdre leur travail, qu’elles ne connaissaient pas leur droits.

Elles croyaient tout ce qu’on leur disait, croyaient que c’était normal… «C’est trop dur le travail, ils nous traitent comme des esclaves», glisse Géraldine.

– La découverte de la prise de parole

Ce film, c’est aussi une initiation politique, «l’histoire d’une rencontre entre un syndicaliste et ces femmes», estime M. Gheerbrant.

La grève a été pensée et organisée des mois à l’avance. Le moment a été choisi et le syndicat a fait voter la constitution d’une caisse de grève.

«Il fallait leur dire que nous étions partis pour une grève longue. C’était important qu’elles soient assurées de pouvoir payer leur loyer», explique à l’AFP Claude Levy, de la CGT des hôtels de prestige et économiques (HPE).

L’histoire se termine bien. Elles obtiennent la fin de la rémunération à la chambre auprès du sous-traitant. Un an après, elles revendiquent leur intégration dans le groupe et l’obtiennent, avec en plus un treizième mois.

«C’est elles qui ont tout fait, elles m’ont donné ma place, m’ont donné leur parole et leur confiance et j’ai essayé de leur rendre justice», assure Denis Gheerbrant à l’AFP. Seul à la caméra, à la prise de son et au montage, il filme avec respect et empathie ces femmes qui découvrent la prise de parole.

En mai 2014, le groupe Louvre Hôtels, qui compte 500 établissements en France (Campanile, Kyriad, Golden Tulip…), a décidé d’imposer des normes sociales à ses sous-traitants, une première dans l’Hexagone.

SOURCE : http://www.paris-normandie.fr

 

 

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