INCENDO
Sur le rapport entre genres & classes. Revue de presse & textes inédits
Et dans les sociétés sans richesse?
Categories: Histoire

le chasseur

Les femmes étaient-elles exploitées par les hommes dans les sociétés sans richesse?

J’ai récemment mis la dernière main à un double article à paraître dans la revue Actuel Marx, où je tente de faire le point sur les différentes dominations et exploitations qui pouvaient exister au sein des sociétés sans richesses – que, par commodité, on est tenté de qualifier d’égalitaires.

Je ne reviendrai pas ici sur l’existence d’une domination des hommes sur les femmes dans ces sociétés, sous des formes et à des degrés divers, qui me semble se situer hors de tout doute raisonnable – je me permets de renvoyer le lecteur sceptique vers les éléments rassemblés dans mes bouquins ou dans plusieurs billets de ce blog. En revanche, j’avais jusque là laissé en friche la question de l’exploitation, c’est-à-dire des éventuelles dimensions économiques de cette domination. Il va de soi que dans les sociétés à richesses (en tout cas, dans nombre d’entre elles), les femmes sont non seulement dominées, mais aussi exploitées : dans l’Afrique lignagère, en Papouasie, l’homme important l’est par son statut, mais aussi par les biens matériels que le travail de ses dépendants (dont, en premier lieu, ses épouses) met à sa disposition. Et le plus souvent, l’existence conjointe de la polygynie et du prix de la fiancée induit une « spirale de la puissance » : plus un homme est riche, plus il peut payer pour accumuler des épouses, et plus il obtient d’épouses, plus il devient riche. La question se pose très différemment dans les sociétés sans richesses, ne serait-ce que parce que cette spirale ne peut pas se mettre en place : on ne peut pas convertir les richesses en épouses – en revanche, rien n’indique a priori s’il est possible de convertir les épouses sinon en richesses, du moins en avantages matériels.

La suite sur le blog de Christophe Darmangeat

 

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