INCENDO
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Apple, Facebook et ovocytes

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Apple et Facebook veulent aider leurs salariées à vitrifier leurs ovocytes

Les deux groupes proposent de subventionner à hauteur de 20.000 dollars des congélations d’ovocytes. Le but est de permettre aux femmes de se consacrer à leur carrière sans pression biologique.

Mettre son horloge biologique sur pause pour pouvoir se concentrer sur sa carrière. C’est ce que proposent désormais Facebook et Apple à leur employées, en leur offrant une option radicale : les aider à congeler leurs ovocytes. Elles pourraient ainsi consacrer les années stratégiques où les femmes ont généralement leur premier enfant, autour de 30-31 ans, à évoluer professionnellement, avant de pouponner à l’heure où la fertilité décline.

Facebook a lancé son programme il y a peu, et Apple l’ouvrira à partir de janvier, ont-ils précisé à NBC News . L’un comme l’autre proposent de couvrir une partie des frais de vitrification, à concurrence de 20.000 dollars. Une somme qui permet de financer en moyenne deux prélèvements, ce qui est recommandé, à laquelle il faut ajouter 500 dollars minimum de frais annuels de conservation. Des initiatives ponctuelles existaient déjà, notamment dans certains cabinets d’avocats, mais les deux géants de la Silicon Valley sont les premiers acteurs de cette taille à ouvertement subventionner une autoconservation pour convenance personnelle.

 Freeze your eggs,

S’ils se mêlent des affaires intimes de leurs employées, c’est pour tenter de soutenir leur difficile carrière, particulièrement compliquée dans le milieu très masculin de la high-tech souvent pointé du doigt pour son inaptitude à générer des dirigeantes. Le programme est vu comme un moyen, parmi d’autres, d’égaliser le terrain professionnel entre les sexes. Selon ses partisans, congeler ses ovocytes reviendrait, en réalité, à prendre une sorte d’assurance pour le futur, afin que les femmes qui souhaitent avoir des enfants n’aient pas plus que les hommes à se soucier au bureau de la fuite du temps.

Cette option est jugée aussi libératrice que l’accès généralisé à la contraception par Bloomberg Businessweek , qui a consacré en avril un dossier à la question, titré « Freeze your eggs, Free your career » (Congelez vos ovocytes, libérez votre carrière). Mais elle peut aussi être très mal perçue. Les femmes avocates, à qui certaines sociétés proposent, ponctuellement, de sponsoriser une congélation d’ovocytes, « se réjouiront-elles de cette possibilité », s’interrogeait en avril Glenn Cohen, co-directeur du Petrie-Flom Center for Health Law Policy, Biotechnology and Bioethics de Harvard dans un billet de blog ? Ou au contraire la verront-elles comme un message négatif, montrant que « leur entreprise estime qu’être associée et enceinte n’est pas compatible ?».

Bébé pas garanti

Attention également à la fausse assurance que représentent des ovocytes congelés, préviennent certaines autorités médicales. Si le taux de succès d’une fécondation in vitro est relativement comparable qu’elle soit effectuée avec un ovocyte vitrifié ou frais, il n’est jamais de 100 %, et réduit quand l’âge augmente. Alors que, dans le même temps, s’accumulent les risques que comportent une grossesse, tant pour la mère que pour l’enfant.

SOURCE : Les Echos

Facebook et Apple encouragent la congélation d’ovules de leurs salariées

Les deux groupes, qui cherchent à attirer des talents féminins, promettent de soutenir financièrement les femmes désireuses de repousser leur grossesse pour se concentrer sur leur carrière. «Ce n’est pas aux employeurs de s’emparer de ces sujets», affirme la ministre de la Santé en France.

Facebook et Apple proposent à leur employées de mettre leur horloge biologique sur pause. Les deux géants de la Silicon Valley vont en effet inclure dans leur couverture médicale la prise en charge partielle des frais de congélation d’ovule. Une technique qui consiste pour une femme à se faire prélever des ovules et à les congeler pour avoir des enfants plus tard, sans se soucier du temps qui passe.

D’après NBC News qui révèle l’information, les deux sociétés vont couvrir les frais de cette procédure très coûteuse à hauteur de 20.000 dollars. Une aide non négligeable qui permet de soutenir le financement de deux prélèvements d’ovocytes, comme conseillé par les médecins, ainsi que les frais de conservation annuels qui s’élèvent à 500 dollars minimum. Facebook aurait déjà inclu cette option à la couverture santé de ses employées tandis qu’Apple va l’instaurer en janvier prochain.

L’aide à la congélation d’ovule est déjà proposée de manière ponctuelle par certains cabinets d’avocats. Apple et Facebook seraient donc les premières grandes entreprises à officiellement subventionner cette technique pour des raisons non médicales.

Pour les deux groupes, qui emploient deux hommes pour une femme, l’objectif est d’attirer les talents féminins dans l’univers trop masculin de la high-tech où les femmes font difficilement carrière. Les deux entreprises espèrent permettre aux femmes qui le souhaitent de se concentrer sur leur évolution professionnelle au moment le plus stratégique, l’âge de la trentaine, pendant lequel elles s’interrogent sur l’urgence de fonder une famille. La congélation d’ovocyte est donc perçue comme un outil pour égaliser le terrain professionnel dans ce secteur.

Une démarche polémique

Cette méthode de conception est de plus en plus populaire outre-Atlantique. Mais la démarche d’Apple et Facebook divise l’opinion. Les féministes y voient un moyen d’évoluer aussi libérateur que la généralisation de la contraception. La congélation d’ovocytes offre aux femmes la possibilité de «ne plus choisir entre la carrière et les enfants», selon le site eggsurance.com. Mais d’autres commentateurs estiment que subventionner cette technique envoie un message très négatif aux femmes à savoir qu’il leur est impossible de concilier maternité et évolution professionnelle.

Les médecins quant à eux tirent la sonnette d’alarme, rappelant que la congélation d’ovule ne garantit pas à 100% une grossesse. Les chances de réussite sont les mêmes que pour n’importe quelle fécondation in vitro. En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine, a affirmé être «préoccupée d’entendre que ce projet soit porté par des entreprises. Attention à ces projets qui sont difficiles et ont des conséquences éthiques. Ce n’est pas aux employeurs de s’emparer de ces sujets». La ministre a assuré qu’il n’y avait «pas de risque» que ce projet arrive en France.

Les détracteurs appellent plutôt Apple et Facebook à trouver un moyen de mieux concilier vie parentale et vie professionnelle. Apple a fait savoir qu’il proposait depuis peu un congé maternité plus long et une aide financière à l’adoption. Facebook, de son côté, rappelle qu’il paye quatre mois de congé maternité pour les deux parents.

 

SOURCE : Le Figaro

 

 

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