INCENDO
Sur le rapport entre genres & classes. Revue de presse & textes inédits
Quels mots, quelles perspectives pour quelles luttes?

« Les mots sont des outils, comme des couteaux affûtés, et, comme avec les couteaux tranchants, on doit être prudent avec l’utilisation des mots » (Jack London)

Hugo Eugenio Pratt, 1927-1995 (5)Le groupement de textes ci-dessous entend transmettre les critiques et les positions politiques qui se dressent contre les discours et démarches ségrégationnistes de certains milieux militants: par la droite et par la gauche, des théories de la race (et des particularismes culturels) se réaffirment, faisant leur force d’une époque de crises et de confusion, et nous mènent toutes vers plus de séparation, et la guerre de tous contre tous. Les différents textes qui suivent, regroupés par nos soins, entendent éclairer et prendre position sur un débat où les mots, le langage – véhicule de nos visions du monde -, comme souvent, sont importants et ont des implications pratiques.
Un certain nombre ont été écrits très récemment et à Paris, où ce débat est particulièrement vif, tant les charognes et racoleurs politiques y ont bon vent en cette période faite de mobilisations diverses autour de « la question des migrants », des quartiers…des étrangers:
« Nous sommes de plus en plus nombreux aujourd’hui d’horizons relativement variés, révolutionnaires, anarchistes, communistes anti-autoritaires, militants, entre autres, des luttes de l’immigration, épris sans doute davantage d’émancipation que de dignité et de justice, à s’opposer à la récupération en cours et à refuser la proposition politique portée par cette initiative [une marche ambiguë contre le racisme, voir infra]. »

Plus qu’une affaire de mots, ce sont les réflexions sur les clivages et les perspectives politiques que nous souhaitons ici partager avec les abonnés de Iacam et au-delà.

Bonne lecture

La modération de Iacam —————————————————————————————————————————–

Tiens, ça glisse… ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)

Ce texte entend contrer l’essor d’un nouveau champ lexical autour du terme « race », allant avec la construction dans des milieux militants d’une nouvelle « théorie de la race ». Les auteurs redoutent et combattent ici la polarisation du champ politique à partir de la question raciale:  » […] il ne s’agit pas d’une querelle terminologique. Penser avec la race, employer les termes qui en découlent, est une proposition de vision du monde. La question, ou la solution, n’est d’ailleurs pas de ne plus employer certains termes, ou pire de les rendre tabous, mais bien de comprendre de quoi ce vocabulaire récent est le symptôme et ce qu’il contient comme proposition politique. […] C’est cette vision du monde, cette proposition politique, qu’il s’agit ici de contribuer à mettre en échec« .
En ligne sur: http://racialisateursgohome.noblogs.org
« En fouillant dans les poubelles de l’histoire, on ne trouve pas que des trésors: faisons rentrer la race dans le trou d’où elle n’aurait jamais dû être ressortie. Et gageons que les luttes d’émancipations et les perspectives révolutionnaires futures dispersent aux 4 vents les racialisateurs et le monde qui les a a produit.« 

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L’universalisme, une arme pour la gauche?

Dans « L’universalisme, une arme pour la gauche? » paru dans Le Monde diplomatique en mai 2014, le sociologue Vivek Chibber se dresse contre l’obsession des particularismes culturels et l’offensive de penseurs « de gauche » contre les concepts marxistes.
« En propulsant nombre de pays sur la voie du développement industriel, la décolonisation a engendré un prolétariat immense. Mais à cet essor correspond paradoxalement un émiettement des luttes. Certains intellectuels radicaux estiment que les notions de classe ou de capitalisme, sorties des forges occidentales, sont inadaptées à d’autres contextes. Et que les peuples du Sud doivent d’abord se réapproprier leur histoire et leur culture. Dans un ouvrage qui suscite une importante controverse aux États-Unis, le sociologue Vivek Chibber leur réplique.« 

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Il n’y a pas de races, seulement des racistes !

« Toutes les catégories qui réduisent les individus à des critères biologiques (ou sociobiologiques) ou à des identités fixes, sont des catégories du pouvoir qui n’ont jamais servi à rien d’autre qu’à séparer les humains entre eux, pas sur des critères de classe, ou sur des critères liés aux choix individuels des uns et des autres, mais sur des critères imaginaires, essentialistes et englobants.[…] Si nous tenons à l’idée d’une rupture avec ce monde de fric et de flic, il nous faudra abandonner toutes ces catégories du pouvoir qui ne servent qu’à diviser pour mieux régner, et donc assurer la domination de l’économie et des États sur les populations.« 
En ligne sur: http://www.non-fides.fr/?Nique-la-race-4739
Lire aussi : http://www.non-fides.fr/?Lettre-ouverte-a-ceux-qui-pensent

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Islamophobie ou prolophobie?

Encore une fois, les mots sont importants et liés à la construction de nos perspectives politiques. Dans l’article « Islamophobie ou prolophobie? » paru dans Le Monde diplomatique de février 2015, l’historien Benoît Bréville interroge sur l’emploi du terme « islamophobie » en remettant son apparition et son essor dans un contexte historique et social.
« En moins de trois ans, le débat sur l’immigration a été vidé de son contenu social. Depuis ce renversement, les étrangers et leurs descendants sont sans cesse rappelés à leur “ communauté “, à leur religion, au risque d’accentuer le fossé entre les Français “ autochtones “ d’un côté, les immigrés et leurs descendants de l’autre. Les sujets directement liés à l’immigration (le racisme, les discriminations, etc.) sont abordés comme des problèmes culturels, alimentant les préjugés, le fantasme d’un “ choc des civilisations “ et la poussée de l’extrême droite. […] Les discriminations raciales s’ajoutent aux inégalités sociales pour les renforcer, rendant ces deux problèmes indissociables. Le choix d’insister sur tel ou tel critère ‘ la couleur de peau ou l’appartenance aux classes populaires ‘ est à la fois politique et stratégique. Il participe de la définition des fractures de la société française. »

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La confusion qui va!

Antisémitisme, antisionisme, antifascisme, racisme…& militantisme:

« Les analyses idéalistes, qui se focalisent sur les discours et les idéologies au lieu d’analyser les formes politiques et leurs rapports avec la structure du capitalisme, prêtent à l’essentialisation du débat: faute de trouver une explication matérialiste, économique et sociale, à une situation, on se rabat alors sur une lecture typiquement réactionnaire, à savoir une lecture culturaliste qui tend à opposer des « peuples », des « nations » ou encore des « cultures ». » « Le texte qui suit revient sur un certain nombre de problèmes politiques de fond, internes au milieu militant parisien, et ayant entraîné des menaces, tentatives d’intimidations et d’agressions. Pour ne pas enfermer ces problèmes dans leur point d’explosion, mais pour en exposer la lame de fond afin d’éviter de se limiter à une guérilla stérile, j’entends les exposer ici point par points, comme autant de points à débattre aussi largement que possible dans nos milieux.« 
Lire le PDF ici: http://nopasaran.samizdat.net/IMG/pdf/lcqv_1_.pdf

SOURCE : I A C A M ! Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !

iacam (at) rezo.net 

 

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