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Grève de couturières
Categories: Grèves, Monde : France

Lingerie. Les couturières de Chantelle débrayent près de Lorient

Dirigeants et représentants du personnel étaient réunis mardi 30 août pour négocier les conditions de rupture de contrat des employées. À l’usine, les ouvrières ont débrayé pour faire entendre leur voix.

« On en a ras-le-bol, on a l’impression d’être oubliées… Ici, à Chantelle, les négociations ne se font pas dans la dentelle ! » Les couturières du groupe de lingerie veulent qu’on les entende. Mardi 30 août, elles ont débrayé pendant une heure alors qu’à Cachan (Val-de-Marne), au siège du groupe, des négociations se tenaient entre dirigeants de l’entreprise et représentants syndicaux au sujet d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Entamées il y a plus de trois mois, ces discussions doivent établir les conditions de rupture de contrats des salariées du site. Il y a un an, le groupe Chantelle a annoncé qu’il allait se séparer de son usine morbihannaise. Mardi, les représentants se retrouvaient pour la troisième fois. Une réunion prévue comme étant la dernière des négociations.

Écouter les revendications

Plan de préretraite, reclassement dans des boutiques de la marque, indemnisations… À l’usine, on s’inquiète des décisions qui pourraient sortir de cette réunion. « Pour l’instant, on sait juste qu’on est licenciées de chez Chantelle, mais on veut qu’ils écoutent nos revendications », explique cette employée. Ce qu’elles attendent avant tout c’est « une reconnaissance du savoir-faire que l’on a, et des indemnisations en conséquence. »

Avenir incertain

Avec 20, 30 et parfois même plus de 40 ans d’ancienneté, l’avenir est incertain pour la plupart. En mai, Chantelle annonçait l’arrivée d’un repreneur : Grandis, un groupe spécialisé dans le prêt-à-porter de luxe. Mais celui-ci ne reprendrait que 40 postes sur les 102 employés actuels.

Quelques ouvrières gardent une dent contre leur employeur. Elles estiment qu’« il ne nous a pas aidées dans la transition ». Pour faire partie des salariées qui seraient gardées par le nouveau groupe, les couturières ont dû constituer des dossiers avec lettres de motivation et CV. Ce qui déplaît à certaines pour qui il y a un décalage avec le discours de l’entreprise : « On nous a raconté qu’on avait un savoir-faire important en France mais maintenant on doit des périodes d’essai en étant payés moins ! »

Contactée à ce sujet, la communication de Chantelle explique que tout ça est normal. Parmi toutes les employées, le repreneur « devra savoir qui est intéressée et faire une sélection ».

À l’usine, les femmes ont aussi « peur de perdre les avantages sociaux qu’on a acquis comme le treizième mois ou des avantages horaires ».

Guilhem DUBERNET.

SOURCE : Ouest France

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